Une histoire de Première Dame

Bien avant de devenir l’actuel Chef de l’État, Emmanuel Macron avait posé l’idée de créer un statut pour la Première Dame, afin de sortir du flou artistique actuel dans lequel est enferré le conjoint. Mais cette initiative n’est pas du goût de tout le monde et semble susciter un débat assez vif dans l’opinion, du moins, sur les réseaux sociaux.

 

Concrètement, de quoi parle-t-on ? À l’heure actuelle, il n’apparaît pas que cela impliquerait une indemnité. L’idée paraît être de créer un statut, afin d’isoler un budget spécifique, avec un nombre de collaborateurs spécifique, le tout, bien évidemment contrôlé et supervisé par la Cour des comptes.

 

À l’heure actuelle, il n’existe aucun texte concernant le conjoint du Chef de l’État et ce n’est pas faute d’avoir souligné le problème. Ainsi, René Dosière, éminent ancien député, spécialiste de la dépense publique, a plaidé pendant des années pour qu’un statut soit créé. En 2007, lorsqu’il a été porté à la connaissance du public que Cécilia Sarkozy avait utilisé la carte bancaire de l’Élysée, il avait analysé la chose comme étant un détournement de fonds publics, du fait de l’inexistence d’un statut juridique.  

 

Si on devait synthétiser les arguments pour la création d’un statut de Premier Conjoint, cela donnerait ceci :

  • Une clarification juridique ;
  • Un budget autonome et contrôlé ;
  • Des collaborateurs dédiés explicitement ;
  • La fin d’une forme d’hypocrisie.

 

Mais cela ne fait pas consensus et voici les principaux contre :

  • Le conjoint du Chef de l’État n’est pas élu ;
  • Être le conjoint n’ouvre pas de droit ni de devoir particulier ;
  • Cela serait une dépense supplémentaire ;
  • Dans d’autres États, être le conjoint du premier personnage de l’État n’ouvre pas de droit particulier.

 

Confrontons ces arguments à l’épreuve des faits et de l’histoire.

 

L’absence de légitimité électorale du conjoint du Chef de l’État

 

C’est effectivement un argument de bon sens : on vote pour une personne, qui incarne des idées et un programme, et non pour un couple. Pour autant, l’histoire institutionnelle française montre qu’inconsciemment, le Chef de l’État paraît plus rassurant s’il est en couple. Sous la Ve République, donc un régime semi-présidentiel, aucun célibataire n’est entré au Château. L’Histoire nous dira si cela arrivera un jour, mais il serait très naïf de croire qu’on peut survivre à la politique, sans être accompagné (e), encore plus lorsque les fonctions sont prestigieuses.

 

De la même manière, s’il est vrai qu’Yvonne de Gaulle n’a joué aucun rôle politique auprès de son général de mari, cela est beaucoup moins vrai pour ses successeurs. Il convient d’ailleurs de souligner que lorsque le général était Chef de l’État, elle est intervenue dans une affaire de grâce présidentielle. Exemple le plus typique à mes yeux : Bernadette Chirac. Qui mieux qu’elle a pris possession du non-statut de Première Dame et d’accompagnatrice patiente et résignée ?

 

Meilleur contre-exemple : Julie Gayet. Arrivée dans les conditions que l’on connaît et sur lesquelles on ne va pas revenir, elle ne semble pas — à ce jour — qu’elle ait eu une influence politique sur François Hollande. Tout au plus lui prête-t-on la nomination d’Audrey Azoulay au Ministère de la Culture.

 

Le Premier Conjoint : ni droit ni obligation ?

 

Effectivement, en théorie, rien n’oblige le conjoint du Chef de l’État à avoir des fonctions liées à celles de ce dernier. Dans les faits, c’est une autre histoire. Ainsi, Mme Coty, terriblement timide, ne souhaitait pas apparaître publiquement ni s’impliquer dans les affaires de son mari. Elle fut largement moquée et aimablement rebaptisée Mme Sans Gaine et pourtant, largement sollicitée. Yvonne de Gaulle, dont il est notable qu’elle fût malheureuse à l’Élysée, fit du caritatif et il me semble qu’on lui doit l’arbre de Noël de l’Élysée. Correction du 9 août 2017 : la tradition vient de Cécile Carnot, épouse de Sadi Carnot, à partir de 1889.

 

Autres temps, autres mœurs, aujourd’hui, les conjoints ont une activité indépendante. Cela est tout à fait exact, mais lorsque votre conjoint devient Chef de l’État, on ne peut pas s’en défaire. Déjà, pendant la dernière présidentielle, la femme de Benoît Hamon faisait l’objet de curiosité et certains se demandaient ce qu’il adviendrait de sa carrière professionnelle si le candidat socialiste gagnait les élections.

 

Sous la précédente mandature, le cas de Valérie Trierweiler a été problématique. Journaliste, auteur, du fait de ces liens avec François Hollande, elle n’a pas pu continuer sa carrière et souhaitait rester dans son appartement privé. Quant à Carla Bruni, même si légalement, rien ne l’en empêchait, elle a mis entre parenthèses sa carrière artistique pour se fondre derrière Nicolas Sarkozy.

 

Toutes les Premières Dames ont été et sont sollicitées pour des actions caritatives, on leur adresse du courrier, on les invite à des évènements, etc. Parce qu’elles sont Premières Dames. Par ailleurs, le protocole veut qu’on invite les conjoints lors des voyages officiels, une aile de l’Élysée lui est dédiée — le couloir de Madame, des agents de sécurité sont à ses côtés.

 

Consciemment ou non, on attend du conjoint du Chef de l’État qu’il soit à ses côtés. On se souviendra à loisir de la réaction de certaines personnes lorsque Cécilia Sarkozy était aux abonnées absentes sur les derniers jours de la campagne présidentielle de 2007.

 

Bien sûr, le conjoint peut refuser les invitations, ne pas répondre aux courriers, ni participer aux différents voyages officiels, résider dans son logement privé et n’avoir aucun personnel dédié. Ce qui reviendrait à priver le Chef de l’État d’un semblant de vie familiale, car on ne peut pas être Chef de l’État — en France — de 8 h à 18 h, du lundi au vendredi. La précédente présidence nous a montré que le concept de « président normal » ne tenait pas la route.

 

On objectera que les conjoints de ministres, de parlementaires, de hauts-fonctionnaires n’ont pas de statut à part. Cela est exact, mais ils sont certainement moins exposés médiatiquement que les conjoints du Chef de l’État.

 

Une histoire de budget

 

L’un des arguments les plus virulents concernant la création d’un statut de Premier Conjoint est celui de la dépense. En réalité, la dépense existe déjà. On a évoqué le cas de l’utilisation de la carte bancaire par Cécilia Sarkozy, mais on pourrait reparler du coût du site Web pour Carla Bruni lorsqu’elle a épousé Nicolas Sarkozy. On peut également parler des officiers de sécurité, qui ont été dédiés à Mme Trierweiler ou Mme Gayet, sans oublier les différents frais de Mme Chirac.

 

Tous les coûts liés au conjoint existent déjà, mais sont noyés dans le budget global de fonctionnement, sans aucune visibilité, faisant perdurer un système de « caisses noires », qui n’est évidemment pas contrôlé.

 

Pire encore : en restant dans leur logement privé — et non à l’Élysée — les conjoints entraînent des frais supplémentaires, en personnel de sécurité.

 

Il ne s’agit donc pas de créer une nouvelle ligne budgétaire, mais de permettre un contrôle des frais et une certaine transparence.

 

Et chez nos voisins ?

 

Il est difficile de comparer la France avec d’autres États dans la mesure où nous avons un paysage institutionnel très différent. Ainsi, au Royaume-Uni, les Premiers ministres sont plus ou moins tenus de s’installer, avec leur famille, au 10 Downing Street donc, dans les faits, la famille du Premier ministre est entretenue par le contribuable britannique. En Allemagne, il y a un statut non écrit pour la Première Dame — à ne pas confondre avec le conjoint du Chancelier.

 

L’exemple dont paraît vouloir s’inspirer Emmanuel Macron semble être celui de la FLOTUS – First Lady Of The United States. Cette dernière ne perçoit aucune indemnité, mais a un statut, un budget, des collaborateurs et des agents de sécurité qui lui sont dédiés.

 

On pourra juger que le statut de Premier Conjoint est un vestige désuet, qui nous vient de l’Ancien Régime, mais si cela permet d’apporter plus de transparence et de contrôle sur les budgets des institutions, il ne faut pas craindre d’ouvrir le débat, quitte à l’étendre aux autres hauts personnages de l’État, lorsque ces derniers ont des fonctions qui peuvent empiéter sur la vie privée et familiale. 

Commentaires

Et si le prochain president n'a pas de conjoint-e , il garde tout pour sa pomme ? ou s'il-elle divorse et se remarie durant son mandat ??

A quand un statut d'enfant premier né (heritier du president) ?

Bonjour, 

si le prochain locataire du Château n'a pas de conjoint, la ligne disparaît tout simplement. 

Pour les enfants, c'est moins compliqué car ils n'ont pas de fonction, qu'elle soit implicite ou explicite, donc la question ne se pose pas.

Attention, il y a toujours une première dame (ou un premier homme) dans l'ordre protocolaire, que le président ait un conjoint ou non.

Quand le président n'a pas de conjoint, ce qui est arrivé sous N. Sarkozy et F. Hollande, c'est la première femme ministre dans l'ordre gouvernemental qui fait office de première dame.

Cela a été le cas pour N. Sarkozy avec R. Dati, et pour F. Hollande avec S. Royal qui ont toutes deux remplies les fonctions de "Première dame", notamment lors des cérémonies officielles (rencontres d'Etat, ...)

Pour moi une chose est clair: le conjoint n'a pas été élu. Donc il/elle n'a pas la légitimité du budget personnel. Et seuls les besoins indispensables résultant du statut du président/e doivent être payés par l'Etat (exemple: la sécurité).

Seconde chose qui se présente alors: la pression médiatique et non populaire, car personnellement je doute que les français ont besoins de savoir quels vêtements ou quelles chaussures a utilisé le/la conjoint/e pour aller faire ses courses. La pression médiatique est alors néfaste ? Pas totalement car elle permet de mettre à disposition l'espace médiatique. les médias sont alors utilisés pour défendre des bonnes causes (protection de l'environnement, lutte contre la pauvreté, promotion de la culture etc...).

Mais les conjoints sont-ils obligés de répondre à ces sollicitations ?
Non, mais ils peuvent simplement utiliser leurs notoriétés et agir en tant que bénévoles et promouvoir une lutte sans l'outil financier. Et c'est peut-être là, la solution. Transférer "le budget prévu" du conjoint pour la promotion des associations. Ainsi que interdire l'accompagnement du conjoint lors des visites officielles et l'utilisation du budget de l'Elysée par le conjoint en dehors de ses besoins indispensables que j'ai évoqués lors du premier paragraphe. Ainsi le conjoint s'exprimera d'abord en tant que citoyen (malgré le fait qu'il ait une notoriété qu'il le rende plus visible lui laissant le soin de la promotion).

Pour conclure, le terme première dame (assez fermé en effet car le conjoint peut être un homme) a une connotation monarchique. Toute la famille du président doit elle avoir un statut officiel ? A quand le dauphin ? Tout cela contribue à la politique spectacle. La création d'un faux rapport entre la famille du président et le citoyen se crée nuisant par conséquence à la république et à la démocratie.

Apparemment, tu n'as surtout pas compris le sujet. 

 

Il n'est pas question de créer une dépense supplémentaire mais d'officialiser une pratique occulte qui perdure depuis une soixantaine d'années au bas mot donc il n'y a pas de réaffectation à faire jouer, d'autant que ce sont des budgets distincts. 

 

Si les Français n'ont aucun intérêt pour les Premières Dames, comment expliquer les records de vente des magazines people lorsqu'elles sont en couverture ? D'autant que toutes les Premières Dames ont fait du caricatif, donc ça entraîne nécessairement des frais, notamment de personnel. 

 

Pour la 3eme fois sur ce billet : il ne s'agit pas créer une indemnité de Premier Conjoint mais un statut. Quant à interdire carrément le conjoint lors des voyages officiels, je veux voir la tête des chefs de procole du monde entier... 

 

Pour le reste, les réponses sont déjà dans le billet, je ne peux que t'inviter à lire plus attentivement.

 

 

"D'autant que toutes les Premières Dames ont fait du caritatif, donc ça entraîne nécessairement des frais, notamment de personnel"

En quoi le fait d'avoir une activité caritative devrait entrainer des frais payés sur un budget d'état ? Il y a la beaucoup de confusion sur ce que doit être une activité caritative. Les activités caritatives sont bénévoles et souvent financées par des associations ou des fondations qui récoltent des fonds auprès de donateurs, qui peuvent par ailleurs être publics ou privés. Donc non, mauvais exemple pour justifier un budget de 1ère dame. D'autant que ce qu'offre la première dame dans son œuvre caritative c'est avant tout du temps et le renom de son image plus qu'un apport pécuniaire.

Donc, le personnel devrait aussi être bénévole ? 

Il est nécessaire là de différencier plusieurs points :

La première dame a une fonction protocolaire et diplomatique qui n'a rien à voir avec une quelconque connotation monarchique.

C'est tout simplement qu'historiquement, les épouses des dirigeants dans de nombreux pays avaient aussi notamment la possibilité de discuter de manière beaucoup plus informelle, permettant par la même occasion de faire passer des messages sur des sujets que les dirigeants n'avaient pas l'occasion/la possibilité d'évoquer lors de rencontres plus formelles.

L'épouse a aussi et encore actuellement un rôle de représentation à côté de son conjoint très important : par ses tenues, son comportement, elle est l'image que se feront les autres populations de notre pays.

La première dame américaine (je pense à M. Obama ou encore H. Clinton) deviennent aussi voir plus connues que leur époux (pourtant élu) de part leur statut de Première dame.

Il en va de même (dans une moindre mesure) des Premières dames françaises.

Aux US, la première d'entre elles a certainement été "Jackie", Jacqueline Kennedy (française du côté paternel,) conjointe de John Fitzgerald Kennedy et devenue l'une des Premières dames les plus populaires tant aux Etats-Unis qu'a l’international.

Nier qu'une "Première Dame", que ce soit par sa personnalité, ses activités humanitaires, sa représentation etc... soit, aussi, 'l'image" d'un pays c'est être aveugle ou vouloir être aveugle par une sorte de négationnisme idéologique de principe.

Un grand pourcentage de gens qui sont contre cette notion de "status" ou même contre son existence, sont avant tout...contre (quelque soit le sujet qui puisse concerner la personne)
Être Contre c'est la volonté de détruire plutôt que de construire.

Ce débat existe car la question à été soulevé par le Président actuel, si il était resté, comme les autres dans le flou artistique, personne n'auraient rien trouvé à redire. Mais il a donné une occasion d'être .. contre

En résumé, ceux qui sont contre aujourd'hui contre ce "status" ne trouvaient rien à redire avant devant ce flou, maintenant qu'il est question de "border" cette situation, avec la transparence qui du coup irait avec, ils sont...contre.
Paradoxe

Oui, je suis pour un status lié au conjoint d'un Président de la République, afin que l’hypocrisie actuelle et d'usage soit, pour une fois transparente.

Je pense que cette histoire de premiers conjoints, premières dames est d'un autre temps.

Hormis le décorum lié à la représentation protocolaire, nécessité par la pression des conventions et les aspects diplomatiques de cette représentation, je ne vois pas de sens à donner à ce statut. D'ailleurs j'ai l'impression qu'il y a une confusion, un mélange des concepts. S'agissant de ce statut et avant de parler de budget ou d'aspects juridiques il faudrait définir la fonction. Qu'est censée faire une première dame ? C'est une question bien vague et je ne vois pas en quoi il faudrait la pourvoir d'une fonction autre que celle d'un conjoint accompagnant son partenaire en certaines occasions diplomatiques.

Toute autre activité ne peut être conçue que comme une activité exercée à titre personnel et en dehors de tout cadre constitutionnel et/ou budgétaire. Je ne conçois pas qu'il faille un secrétariat spécial attaché à la première dame pour répondre par exemple à des courriers adressés au président : celui-ci dispose de vastes moyens pour organiser son secrétariat. De même les activités caritatives sont exercées bénévolement et à titre personnel. Enfin le rôle de communiquant que pourrait avoir le premier conjoint vis à vis du ou de la présidente n'a rien à voir avec une activité institutionnelle.

Concernant le budget il y a les aspects liés à la sécurité du premier conjoint : il est évident qu'il est exposé par induction à des risques et il serait inconcevable de le laisser sans protection. Mais je ne vois pas en quoi ce budget de sécurité devrait être séparé de celui attribué pour la sécurité des membres de l’Élysée.

Je pense que le modèle à suivre est Joachim Sauer, le conjoint d'Angela Merkel : il est d'une discrétion absolue et c'est d'ailleurs très apprécié par les allemands. En France les premières dames sont bien trop médiatisées. La pipolisation est passée par là et les premières dames ont souvent utilisées, à leur gré, à des fins de marketing électoral de leur mari.

Donc définitivement, non, pas de "statut", pas de budget spécial pour la première dame.

Sauf que les gens sollicitent la Première Dame et non le Président. 

En gros, ce que tu recommandes, c'est de continuer le statut quo, avec des caisses noires.

Tu n'as pas bien lu ce que j'ai écris. Pas de budget pour cette 1ère dame et bien évidemment pas de caisse noire qui serait illégale. Les moyens liés à sa sécurité doivent être inclus dans le budget alloué à la sécurité des personnels de l’Élysée, sans plus. Toute autre activité de la première dame doit être effectuée à titre strictement personnel, ou dans le cadre de sa profession s'il elle en a une, quelques soient les sollicitations des gens et sur ses fonds propres. Regarde ce qui se passe en Allemagne : Joachim Sauer ne bénéficie d'aucun officier de sécurité, d'aucun titre officiel ni avantage et Il va même travailler en transports en commun. Il refuse les interviews qui ont pour objectif de parler de sa vie intime ou de politique, préférant évoquer son activité scientifique. C'est pour moi le modèle à suivre à une époque ou on parle de moralisation et de redonner confiance. Tout le reste, y compris cette histoire de 1ère dame, participe de la pipolisation de la vie politique française et c'est un désastre.

Sauf qu'il y a une Première Dame en Allemagne, celle du chef de l'Etat donc l'exemple n'est pas probant :) Et la mentalité allemande n'est pas la mentalité française. Le jour où les gens arrêteront d'acheter des magazines people, on en rediscutera.

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