Comment dialoguer avec nos parlementaires

Au détour d’un échange sur Twitter, un internaute m’a posé une question simple : comment communiquer et échanger avec les parlementaires ? Dit ainsi, la question a de quoi faire sourire, la réalité est un peu plus complexe.

 

Est-ce l’effet du suffrage universel, du mandat ou l’expression d’une forme d’égocentrisme exacerbé, toujours est-il qu’il est difficile pour certains parlementaires de dialoguer simplement avec des personnes qui ne sont pas nécessairement leurs électeurs. Qu’on se rassure, tous ne sont pas ainsi. Avec l’essor des réseaux sociaux, beaucoup de parlementaires ont un compte Twitter, une page Facebook, un compte LinkedIn et/ou un site Web. Mais ce n’est pas parce qu’on est présent sur le Net qu’on est forcément formé à son utilisation. Ainsi, encore beaucoup trop d’élus confondent Twitter et dépêche de presse, ne prenant jamais la peine de répondre aux questions, sollicitations et interrogations des personnes qui tentent d’interagir avec eux. C’est non seulement regrettable mais aussi c’est la démonstration flagrante d’une forme d’amateurisme. A titre personnel, je préfère qu’un élu qui ne sait pas se servir d’un réseau social ne s’y inscrive tout simplement pas. D’autres choisissent de déléguer le community management à des collaborateurs parlementaires, qui ont l’honnêteté de dire qu’ils répondent en lieu et place de leurs employeurs. Plus original, certains partagent les comptes Twitter mais en signant les tweets et le DM afin que l’internaute sache à qui il s’adresse.

 

Les réseaux sociaux sont également très utiles pour les élus qui souhaitent solliciter un nouveau mandat. Instruction est alors donnée de répondre à toutes les sollicitations, surtout lorsqu’elles proviennent de citoyens de la circonscription et/ou de la zone électorale recherchée.

 

Les parlementaires qui sont naturels ou honnêtes sur les réseaux sociaux sont suffisamment rares pour qu’on les mentionne. On peut ainsi compter :

 

Le problème des réseaux sociaux et surtout de Twitter est qu’il combine les difficultés de l’écrit mais aussi de l’oral : il faut savoir répondre du tac au tac, parfois avec humour mais toujours avec intelligence, sans erreur et partir du principe qu’on est en terrain hostile. Pour toute une génération d’élus qui ont été formés à l’interview policée, préparée en amont, à la relecture des articles et autres communiqués de presse, autant vous dire que le choc des cultures est parfois difficile voire douloureux.

 

Si vous constatez que le parlementaire avec lequel vous souhaitez interagir reste de marbre face à vos sollicitations, vous avez d’autres solutions. En premier lieu, le téléphone. En passant par le standard de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, vous aurez souvent en ligne des collaborateurs parlementaires, dont la plupart sont des anges de patience. Selon ce que vous aurez à dire, il vous faudra faire un email, histoire que le dit collaborateur puisse l’imprimer et le mettre dans les mains de son parlementaire.

 

Autre option : la permanence parlementaire mais qui nécessite d’être dans la zone géographique du parlementaire. Je vous déconseille vivement de venir au hasard à l’Assemblée Nationale ou au Sénat pour demander à parler à tel ou tel élu, vous risquez de ne pas être bien accueilli et il y a peu de chances pour que vous puissiez passer les filtres de sécurité, surtout en ce moment.

 

Il ne faut pas non plus négliger les réunions ou évènements publics auxquels se rend l’élu mais partez du principe que le temps d’attention qu’il vous accordera sera extrêmement réduit. Au mieux, vous récupérerez une carte de visite et la promesse d’un rendez-vous plus formel.

 

De la même façon, le culot paie toujours mais témérité ne signifie pas impolitesse. Si vous croisez un élu par hasard et que vous apercevez une ouverture pour échanger quelques mots avec lui (et récupérer une carte de visite et un rendez-vous), n’hésitez surtout pas.

 

Si vous souhaitez un échange plus long, plus cadré avec un élu, vous devez garder à l’esprit les éléments suivants :

  • Ce ne sont pas vos amis ;
  • Si vous avez quelque chose à demander, vous le demandez très franchement et sans fioritures ;
  • Si vous souhaitez apporter un éclairage sur un sujet dont l’élu est en charge, apportez énoncé du problème, diagnostic mais surtout solution.

 

Malheureusement, certains élus sont aussi d’une discourtoisie flagrante. Certains jettent les courriers et emails sans les lire, ne répondent jamais aux sollicitations, quand bien même c’est eux qui les auraient demandées. De la même façon que l’on fait des baromètres d’activité parlementaire, on devrait réfléchir à une évaluation de la politesse de nos amis les élus. 

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