Conversations privées avec le Président

Auteur(s): 
Antonin André et Karim Rissouli
Editeur: 
Albin Michel
Conversation privées
Classification: 

De tous les ouvrages qui ont auront eu pour sujet l'actuel Président de la République, François Hollande, il est certainement celui qui lui aura le plus porté préjudice, à égalité avec « Merci pour ce moment » et « Un président ne devrait pas dire cela".

 

Il ressort de ce livre que le Chef de l'Etat passe un temps infini avec des journalistes, parfois même plus qu'avec ces propres ministres, comme s'il était soucieux de garder une sorte d'empreinte historique de son passage à l'Elysée.

 

Objectivement, François Hollande a réalisé un certain nombre de choses positives et certains éléments sont à mettre à son crédit. Mais quel paradoxe que le premier des Français, qui est aussi le président le plus bavard de la Ve République, soit celui qui communique le plus mal avec les Français.

 

Mais de lui on ne retiendra que les crises, les bourdes, les gaffes et même si cet ouvrage participe à rééquilibrer une balance largement déficitaire sur le plan du crédit électoral, c'est l'effet inverse qui se produit. On dit le président sympathique, il ressort comme quelqu'un de froid, de velléitaire et parfois même méprisant. On le dit stratège et fin connaisseur de la politique et il apparaît comme schizophrène dans sa façon de se détacher de la fonction.

 

De la même manière, il transparaît assez clairement que l'actuel Président a toujours eu de la chance, comme il le reconnaît lui-même.

 

Il n'est pas un gros travailleur, il n'est pas un enragé, il n'a pas une culture générale phénoménale, il n'a pas une sympathie et un charme naturel, on en vient même à se demander s'il n'est pas devenu Président par hasard.

 

De cette absence de réalité jaillit une forme de mépris envers celles et ceux qui ne sont pas né(e)s sous les mêmes bons auspices que celui et qui n'ont pas les mêmes défauts que lui et parmi eux, son prédécesseur.

 

Pire encore, son obsession envers Nicolas Sarkozy est contre-productive et ne fait qu'accentuer le fait qu'une part non-négligeable de l'électorat français a voté pour lui, par rejet de Nicolas Sarkozy.

 

Si on combine les trois ouvrages précédemment cités, c'est une plaidoirie qui se transforme en réquisitoire assez cinglant pour celui qui voulait être un président normal.

 

Espérons que lorsqu'il quittera l'Elysée, François Hollande aura compris qu'un chef d'Etat est tout sauf un homme normal.