Pourquoi les députés étaient absents lors du vote de l’état d’urgence

Alors qu’ils étaient très nombreux (519 votants à 5h du matin) à être présents lors du trop long débat sur le projet de loi prorogeant l’état d’urgence le mardi 19 juillet 2016, ce jeudi 21 juillet 2016, les députés étaient aux abonnés absents pour le vote du texte issu de la commission mixte paritaire, après les débats au Sénat.    

 

Nous avons déjà évoqué les raisons les plus classiques à l’absentéisme des députés. Pourtant, aujourd’hui, rien ne justifiait cette absence. En effet, un rapide coup d’œil sur l’agenda nous montre qu’aucune réunion de commission permanente, de groupe, de groupe d’études ou de groupe d’amitié n’était programmée.

 

Alors pourquoi n’avons-nous eu que 92 votants sur 576 (Hervé Morin vient de démissionner) ? Tout d’abord, les séances du jeudi sont généralement assez peu suivies, les députés retournant en circonscription. On relève également qu’on est en fin de session extraordinaire, l’Assemblée Nationale arrêtant de siéger officiellement demain et il est possible que certains aient préféré anticiper leurs départs – exception faite évidemment des députés ultramarins et représentant les Français de l’étranger, qui ont un agenda un peu plus complexe que leurs camarades métropolitains.

 

Par ailleurs, comme il s’agissait d’un simple vote sur un texte ayant fait l’objet d’un arbitrage – c’est le but d’une commission mixte paritaire – et qu’il n’y avait aucun amendement à déposer et/ou à défendre, certains députés ont fait l’économie d’un déplacement.

 

Néanmoins, l’analyse du scrutin est assez intéressante. On relève que dans les rangs du groupe socialiste, écologiste et républicain, ceux qui s’autoproclament frondeurs étaient majoritairement absents. De la même façon, dans le groupe gauche démocrate et républicaine, seul André Chassaigne était présent.  Chez les non-inscrits, on ne compte qu’Isabelle Attard. En résumé, ceux dont on pouvait assez légitimement – vu leurs postures médiatiques – s’attendre à ce qu’ils prennent une position opposé à ce texte, étaient absents. Ceci tend à démontrer qu’on ne peut pas faire le tour des plateaux de télévision et travailler à l’Assemblée Nationale.

 

On notera également une certaine cohérence chez ceux qui ont voté contre. Ainsi, Denys Robiliard, Jean-Luc Laurent, Gérard Sebaoun, André Chassaigne et Isabelle Attard avaient déjà voté contre le 19 juillet 2016, le vote du 21 étant la continuité de leurs démarches.

 

Le texte doit encore être voté au Sénat et si tel est le cas, l’état d’urgence et ses mesures dérogatoires du droit commun seront prolongés jusqu’en janvier 2017.

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