Les candidatures de la dispersion

Après la déclaration de candidature assez surprenant de Geoffroy Didier, puis celle de Jacques Myard et le sous-entendu à peine voilé d’Henri Guaino, il ne se passe plus une semaine ou presque sans qu’une nouvelle personnalité annonce sa candidature à la primaire de la droite et du centre. Mais est-ce aussi limpide que cela en a l’air ?

 

Avant toute chose, doit-on encore parler de primaires de la droite et du centre depuis que Jean-Christophe Lagarde a annoncé qu’il invitait les adhérents de l’UDI à ne pas y participer ? En réalité, et avec tout le respect que l’on doit à un chef de parti, il semblerait que certains caciques du parti n’aient cure des propos de leur président. C’est d’autant plus flagrant que l’UDI n’incarne pas à elle seule les mouvements centristes de ce pays et il suffit de jeter un œil aux différents partis auxquels appartiennent les membres du groupe UDI (Assemblée Nationale) et UDI-UC (Sénat) pour se rendre compte qu’il s’agit plus d’un éclatement de partis, assemblé dans un mélange plus ou moins hétérogène que d’une vraie coalition à la manière des pays nordiques. Jusqu’à la preuve du contraire, nous parlerons de primaires de la droite et du centre.

 

Alors, toutes les candidatures annoncées jusqu’à présent sont-elles réellement sérieuses ?

 

S’il ne fait aucun doute quant aux intentions d’Alain Juppé, de Bruno Le Maire, de Jean-Frédéric Poisson, de François Fillon ou encore de Nathalie Kosciusko-Morizet, on peut nourrir certains doutes quant à celles de Geoffroy Didier ou de Jacques Myard.

 

Pour le premier, petit arriviste sans talent, ayant arraché quasiment par exception un siège de conseiller régional grâce à la mansuétude de Brice Hortefeux, à peine âgé de 39ans, son seul fait d’armes est d’avoir été un soutien total et absolu de Nicolas Sarkozy. Alors pourquoi se présenter à la primaire de la droite et du centre, au risque de grappiller des voix à la seule personne qui a fait de lui – par ricochet – quelqu’un avec quelques grammes de pouvoir ? La seule explication : pour torpiller les autres candidats. Quelques voix dérobées ici ou là aux autres candidats qui font de l’ombre à Nicolas Sarkozy, pour ensuite les déposer au pied de son seigneur et maître, tel Vercingétorix à Alésia. Le pire étant que cela peut fonctionner. A ce jour, les programmes des candidats ne sont pas réellement définis, nous en sommes plus au stade de la communication pure, au spectacle et c’est bien là que va se jouer la réelle bataille plus que sur un programme : une guerre de charisme. De là à penser que cette soudaine candidature est téléguidée par l’ancien Chef de l’Etat, il n’y a qu’un pas, surtout quand on voit les très faibles moyens financiers et politiques dont dispose Geoffroy Didier et du temps que cela va lui demander, au détriment de son poste de vice-président du conseil régional d'Île-de-France, chargé du logement. Il est la démonstration de cette phrase de Jean-Pierre Raffarin « où à peine élu conseiller général (ancêtre du conseiller départemental) on se voit déjà un destin présidentiel ».

 

Qu’en est-il de Jacques Myard ? Quand on connaît un peu le personnage, cette candidature paraît tout sauf sérieuse et il y a fort à parier qu’il le fait surtout pour s’amuser. Ce trublion de l’Assemblée Nationale est certes un esprit libre mais personne ne l’a jamais soupçonné d’être véritablement raisonnable dans ses déclarations.

 

Quant à Henri Guaino qui a laissé planer le doute sur une éventuelle candidature hier sur le plateau de BFM TV, si on se fie à ses anciennes déclarations sur l’ancien Chef de l’Etat, elle serait plus l’expression d’une vengeance que d’une véritable aspiration. La politique est un univers bien cruel et nul n’ignore que la fin de la dernière présidentielle ne s’est pas exactement passée de façon calme et sereine. Une manière pour lui de rejoindre le clan des non-alignés et surtout – des non-récompensés – dans lequel figure déjà Nadine Morano, dont la fidélité à toute épreuve n’a pas trouvé de juste rétribution ?

 

Si on devait schématiser la dizaine de candidature que compte cette primaire de la droite et du centre, on pourrait procéder ainsi :

  • Les candidats par conviction ;
  • Les candidats par dépit ;
  • Les candidats par riposte téléguidée ;
  • Les candidats comiques.

 

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