Quel avenir pour Arcadie ?

Cela fait maintenant 4 ans que le Projet Arcadie est sorti de terre. En 4 ans, il a beaucoup évolué. De projet purement entrepreneurial à organe de contrôle de la vie parlementaire, en passant par la phase « SAV du Parlement », c’est peu dire que la créature échappe parfois à sa conceptrice.  

 

Depuis 2019, Arcadie s’est mué en organe de contrôle de la vie parlementaire, en publiant notamment des rapports. La trajectoire était la bonne, les circonstances politiques s’y prêtaient. Malheureusement, l’année 2020 a balayé certaines idées.

 

Une année compliquée

Dans un premier temps, les mouvements sociaux en réaction à la très contestée réforme des retraites ont paralysé une partie de l’activité. Puis, l’épidémie de COVID-19 a totalement chamboulé les plans : plus de conférences, plus d’évènements sociaux, l’interdiction de se rendre à l’Assemblée nationale et au Sénat, le déconfinement très tardif de l’Île-de-France, puis le reconfinement, etc. La disponibilité des parlementaires n’est pas non plus la même. La multiplication des situations de détresse de leurs concitoyens, économique, financière, sociale, familiale, combinée à leur propre condition, les rend beaucoup moins libres de leurs mouvements et de leur temps.

 

À l’approche de la fin de l’année 2020, il est temps de faire un bilan et surtout, de proposer de nouvelles perspectives.

 

Les rapports du Projet Arcadie sont en pause, jusqu’à la fin de l’année. La sortie du rapport sur la communication des parlementaires ainsi que la note de synthèse établissant un bilan de la probité des membres du Gouvernement durant la présidence d’Emmanuel Macron n’ont pas rencontré le succès médiatique escompté. Si certaines rédactions répondent toujours présentes (et on les remercie), force est de constater que la majorité des médias sont focalisés sur l’épidémie et ses conséquences. Il ne faut pas y voir un reproche, tout comme il n’est pas question de jeter l’opprobre sur le manque de disponibilité des parlementaires. C’est un simple constat.  

 

D’un objectif de quatre rapports par an, soit un par trimestre, il faut revoir les choses avec un peu plus de modestie, le temps que l’épidémie disparaisse. Néanmoins, cela ne signifie absolument pas que les rapports sont enterrés, mais d’acter qu’on ne peut pas travailler dans de bonnes conditions sur ce point, dans les circonstances actuelles.

 

Concernant la section des partis politiques, certaines difficultés ne sont toujours pas résolues. Si certaines préfectures jouent le jeu des réponses lorsque l’on effectue des demandes de statuts et de listes de membres du bureau, la préfecture de police (Paris) est aux abonnés absents. Or, un tiers des partis politiques sont enregistrés au greffe des associations de la préfecture de police. Si un répertoire est mis en ligne et actualisé tous les mois, ils ne comportent pas les informations nécessaires, permettant notamment de vérifier que les parlementaires déclarent bien les mandats bénévoles dont ils sont titulaires. Alors que le moindre livreur à vélo, forcé de prendre le statut d’autoentrepreneur pour apporter un hamburger, voit son nom, prénom, adresse et date de naissance indexés sur différents portails, les associations, en particulier les partis politiques, échappent totalement à la transparence et à la vigilance. Dans la mesure où il n’existe aucune difficulté matérielle à mettre en ligne ces informations, force est de constater que cela relève de la pure volonté politique.

 

Par ailleurs, la récente refonte de Legifrance ne permet plus la surveillance quotidienne des associations par paquet de 1000. Enfin, si la CNCCFP a publié ses derniers bilans dans des formats ouverts, la disparition du rapport en PDF ne facilite pas l’analyse des comptes.

 

L’avenir de la section partis politiques va donc se jouer dans les prochains mois, afin de savoir s’il est possible de continuer, dans de bonnes conditions matérielles ou si les différents obstacles rendent impossible son maintien.

 

Plusieurs internautes ont suggéré de remédier temporairement à l’absence de conférences par la publication de vidéos et autres webinars. Cette proposition a reçu un non ferme et catégorique. Tout d’abord, bien que le format présente des avantages, il ne permet pas d’interactions « réelles » avec un public. Lors d’une conférence, pendant une explication, vous pouvez voir dans les yeux du public s’ils comprennent ce que vous êtes en train d’expliquer ou s’il y a un point qui reste obscur.

 

Faire une vidéo demande de la maîtrise, du temps et le retour sur investissement n’est pas nécessairement garanti. L'expérience des podcasts, en 2017, a montré que ce n'était pas toujours une formule gagnante. En résumé, les vidéos ne sont pas du tout à l’ordre du jour. De la même manière, la mise en place d’une API ne se fera pas.

 

Qu’en sera-t-il pour 2021 ?

 

Les chantiers à venir

 

Comme dit précédemment, les écrits sont en pause. Il y en a un, en particulier, qui est en préparation. Commencé pendant le premier confinement, il est en souffrance depuis plusieurs mois, aussi bien pour des questions purement matérielles, notamment la difficulté d’accéder aux bibliothèques, que pour des questions personnelles. On espère arriver à boucler définitivement le texte durant l’année 2021. Le sujet a été choisi par les donateurs réguliers.

 

Autre point de développement : le salon Discord. Twitter se prête très bien aux live-tweets de séance, mais il est parfois difficile de discuter des amendements ou des textes examinés en même temps. Un espace a donc été ouvert, où les internautes peuvent discuter des textes, de l’actualité et des sujets politiques. À ce jour, environ 200 personnes sont présentes, ce qui est un bon début.

 

Futur chantier pour 2021 : la refonte du blog, qui n’a pas bougé depuis sa création. Il sera question d’harmoniser le design. Les textes et les commentaires ne bougeront pas.

 

La demande est récurrente et si la distribution de stickers était possible quand il y avait encore des salons et des conférences, cela n’est pas faisable actuellement. De ce fait, la possibilité d’ouvrir une petite boutique de goodies Arcadie est à l’étude. En tant que propriétaire de la marque, il est possible de passer par un prestataire afin de faire floquer des objets et de les vendre en ligne. L’option serait donc de passer par un prestataire type Spreadshirt, afin de déléguer la gestion des stocks.

 

Une autre idée dont il sera question dans les mois à venir est en maturation et sera exposée en temps voulu.

 

Il est temps de donner la parole aux internautes : quels sont les développements que vous souhaiteriez voir ? Bien qu’Arcadie soit gérée par une seule personne, les internautes ont aussi leur mot à dire. À vos claviers !

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